Au monde de l'enfant roi, de la procréation assistée, de la grossesse ultra protégée, celles qui veillent au bon déroulement de l'arrivée de nos futurs objets d'adoration sont encore assez maltraitées et peu considérées.
A l'occasion de la journée mondiale des sages-femmes (Organisation Mondiale des Sages-Femmes), elles se sont rappelées à nous, en manifestant ( Téléchargement Sage-Femmes).
Les études de ma fille me permettent d'alimenter leur mécontentement : le cursus commence par les mêmes études que les médecins et les dentistes, avec un concours en fin de première année, rarement réussi la première fois, et bachotage en cours privé parallèle obligatoire. A l'issue du concours, les 12% les mieux classés intègrent la deuxième année de faculté, en médecine ou dentaire... Les 3% suivants intègrent les études de sage-femme, en PREMIERE ANNEE d'une école non reconnue comme universitaire. Première punition ! Ca permet que les médecins et dentistes passent un doctorat en fin de leurs études, alors que les sages-femmes qui auront fait 5 années d'études en fin de compte n'aient pas d'équivalence universitaire raisonnable à la fin (5 ans = master normalement).
Il faut dire que les études de sage-femme sont encore largement "pilotées" par les professeurs d'université, médecins, qui en définissent le contenu. Ils n'ont pas très envie d'en faire des professionnels de santé à leur égal, ce que devrait signifier l'appellation de profession médicale à part entière des sages-femmes. Mais la culture et les traditions maintiennent l'idée de sages-femmes subalternes et subordonnées aux médecins le plus longtemps possible, pour faire la routine sous contrôle des vrais maîtres qui savent. Ca ne tiendra pas très longtemps, car ce qui se profile est tout de même la raréfaction des obstétriciens. Mais en attendant, ces jeunes étudiant(e)s sorti(e)s d'un concours très agressif, végètent un peu car les cours proposés sont largement en deça de ce qu'ils (elles) ont vécu pendant leur première année d'étude. On est passé du circuit de F1 à la route départementale...
Et on comprend que les sages-femmes demandent à être intégrées dans le mouvement d'harmonisation européenne (et mondiale) des études, pour pouvoir suivre aussi des enseignements universitaires complémentaires, qui permettent l'accès à d'autres fonctions de responsabilité et de gourvernance dans les institutions de santé. Je mentionnerai ici qu'elles n'ont pas accès aux programmes Erasmus d'échanges européens.
A quand un chef de pôle maternité qui soit sage-femme ?
Un dernier point : les hommes sage-femmes, peu nombreux encore, s'appellent des maïeuticiens, car l'appelation de sage-femme ne leur convient pas. Il va falloir trouver une autre astuce pour que la profession ne reste pas cantonnée dans les esprits à celle d'assistantes féminine des accoucheurs médecins... hommes le plus souvent ?

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