Une article du monde du vendredi 2 juillet titre : "les soins médicaux : une culture régionale". L'article décrit une étude de l'assurance maladie, et bien sur rien de ce qui est dit n'est faux... mais juste un peu biaisé : on oublie une partie de la discussion.
Certes, la consommation de soin est pour une part liée au nombre de professionnels de santé, à la disponibilité des services, à l'insuffisance de référentiels de bonnes pratiques "opérationnels" pour nombres de situations... et l'évaluateur que je suis ne peut que souscrire à un besoin de rationalisation de ce qui peut l'être.
Mais l'article pourrait interroger l'interprétation de ceux qui ont fait l'étude et qui légitimement présentent leurs intérêts mais pas forcément toutes les options : en effet, il existe une autre interprétation de leurs données. Lorsque les services ne sont pas disponibles, on dépense moins car personne n'y a accès !! une bonne façon de réduire les dépenses de santé même s'ils sont éventuellement utiles. C'est la situation dominante dans le monde. Et c'est aussi ce qui existe parfois sur notre territoire français, où nombre d'inégalités de santé sont liées entre autres à des inégalités d'accès aux services.
La solution n'est alors pas de réduire ces services là où ils existent mais au contraire de les rendre accessibles partout : bref, de dépenser plus !!! Dans le cas contraire, on risque de réduire les inégalités, mais par le bas !
Or ce débat est aujourd'hui interdit d'antenne : car dépenser "mieux" ne suffira pas à combler le besoin en matière d'investissement pour la santé. Il faudra soit dépenser plus, soit limiter ce qui relève de la dépense publique indispensable et accepter que tous n'aient pas accès à tout. C'est un sujet qui devrait, comme la retraite, être posé sur la table, car il y aura des choix douloureux à faire et ça ne peut se faire en douce.
Sinon, rendez-vous dans 20 ans, car les indicateurs de santé réagissent toujours avec retard.

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